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Ecole de Provence
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Célébration du Jeudi Saint : 2009

Le Repas du Jeudi Saint

« Jésus est un Juif, appartenant au monde gréco-romain. Ses gestes s’ancrent alors dans un contexte culturel -et cultuel particulier. On ne peut ainsi pleinement saisir l événement de la Cène sans s’y référer.

Dans le monde gréco-romain, une pratique était largement répandue : celle des repas de groupe, qu’ils soient professionnels, corporatifs, cultuels… On se réunissait autour d’un bœuf, sacrifié sur un autel païen, en pleine rue, ou dans un temple idolâtre, pour célébrer une victoire, un événement joyeux (comme l’anniversaire de la naissance d’un défunt).

Dans le monde juif, en Israël, avaient également cours plusieurs coutumes.
Au temple de Jérusalem, de nombreux animaux étaient sacrifiés pour Dieu : certains en "holocauste" (entièrement brûlés) ; d’autres en "communion" (brûlés en partie seulement, le reste étant consommé par les offrants). Ces repas étaient appelés todah, ils symbolisaient une "action de grâce".
Par ailleurs, dans le milieu des scribes d’affinité pharisienne, les repas dits "de compagnons" permettaient de s’assurer des nourritures "pures" rituellement. Le but de ces rassemblements n’était pas tellement de souder entre eux les membres du groupe, mais de respecter au plus près tous les préceptes de Moïse touchant les règles de la nourriture.

Existait, enfin, la pratique du repas de famille. Si la coutume d’un repas pris à des heures fixes (midi, soir) n’existait pas, en revanche la réception d’un hôte, la célébration d’une fête (la Pâque, la Pentecôte juives) s’accompagnaient d’un cérémonial mettant particulièrement en relief trois temps : une bénédiction sur le pain, avant sa fraction et sa distribution par celui qui présidait la table ; le repas avec poisson ou viande (mets de qualité marquant le caractère festif du repas) ; une bénédiction ou une action de grâce, après le repas, sur les coupes de vin (chacun disposait d’une coupe).

Le repas de Jésus s’inscrit dans cet ensemble de pratiques. Le futur crucifié agit comme il est de coutume dans son pays, tout en valorisant à l’extrême les deux gestes de début et de fin : la bénédiction sur le pain, puis celle sur la coupe. (Notons que, cette fois, la coupe est unique.)

Dans une gestuelle symbolique et réelle à la fois, Jésus déclare : "ce pain rompu, c’est mon corps" ; "ce vin versé, c’est mon sang". Il reprend les gestes juifs, leur donnant un sens encore plus fort. Se désignant dans le pain rompu et le vin versé, il inscrit dans ce dernier repas sa mort prochaine.

Alors que l’Ancien Testament (Exode 24) connaissait et pratiquait toujours des repas commémorant l’alliance de Dieu avec les siens, le repas de Jésus se présente comme le repas d’une nouvelle alliance. Les chrétiens reprendront ce geste fondamental, le perpétuant comme celui de la re-présentation (à entendre comme "rendre à nouveau présent") du sacrifice de la croix. Ce repas est aujourd’hui dit "sacramentel", ce qui appelle l’idée d’une rencontre avec Dieu en son Christ, le crucifié-ressuscité. »

« Le repas eucharistique » par le Père Charles Perrot, bibliste, ancien professeur à l’Institut catholique de Paris, spécialiste du judaïsme contemporain de Jésus
Extraits d’un article publié par Croire.com

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