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Ecole de Provence
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"Corniche Kennedy" de Maylis de Kerangal

A 17h, la sonnerie retentit, annonçant la fin des cours. Fendant la foule des parents d’élèves de 1ère qui regardent désespérés la longue file d’attente qui les sépare des professeurs à rencontrer, nous nous rendons à Prado Paradis. Là, entre les nouveautés et les best-sellers, juste devant le rayon politique, une table et une quinzaine de chaises ont été installées. A 17h30, la conférence commence. Assis derrière leurs bureaux improvisés recouverts d’une toile d’un jaune criard, deux écrivains : Pierrick Bailly et Maylis de Kerangal. Tous deux ont des points communs : ils font partie des excellents auteurs de cette rentrée littéraires et ont ont tous deux choisi de s’intéresser à l’adolescence, à ses changements, ses passions, ses défis, en particulier pendant la période de l’été, comme le fait remarquer Madame Pascal qui anime cette rencontre.

Nous avons lu « Corniche Kennedy » de Maylis de Kerangal et j’ai moi-même beaucoup apprécié ce roman, plus pour son style moderne, à la fois poétique et travaillé, que pour l’histoire elle-même. Celle-ci raconte les sauts dans la mer, depuis la Corniche, de périlleux adolescents. Très vite Maylis de Kerangal s’explique : cette corniche qu’elle s’amuse à décrire avec tant de passion reflète pour elle un territoire de disponibilité, une surface entre ciel, terre et mer où tout devient possible. Le saut prend alors une tout autre dimension puisqu’il exprime la vitalité, la force et l’espoir de ces jeunes, qu’elle qualifie elle-même de « princes du sensible ».

Le livre est écrit sincèrement et parvient à éviter tous les clichés habituels sur les daos. L’influence américaine est perceptible à travers des personnages parfois sombres et tourmentés ; le roman devient très vite cinématographique. On s’y plonge avec un délice comparable au plaisir de s‘asseoir dans une salle de cinéma pour y voir un bon film, plein de vie et de poésie.

Bientôt la conférence prend fin, mais avant de quitter ce havre de douceur qu’était devenue la librairie Prado Paradis, pour le froid mordant de cette soirée de décembre, un mot, une dédicace sur mon livre, petit clin d’œil d’une Maylis de Kerangal manifestement elle aussi Reine du Sensible…

Barthélémy Poignet 1ère S1