Le monde selon Monsanto : témoignage d’un professeur

article dans sa langue originale

Voici ce que nous a offert Jean-François Dumeste après cette belle journée :

La tentation est forte de nous offrir une jolie conclusion à cette journée riche mais aussi frustrante car le temps nous a compté :
Réflexions extraites de "La vieillesse vient trop vite et la sagesse trop tard" Gordon Livingston

"Nous nous laissons persuader, et sans difficulté, que le véritable danger réside dans un lieu éloigné peuplé d’étrangers qui nous veulent du mal.

Bien que désagréable à éprouver, la peur peut nous sauver du pire. Pour cela, il faut être capable d’identifier ce qui nous menace vraiment, et donc, disposer d’informations exactes que nous saurons utiliser à bon escient. Si notre gouvernement nous trompe ou si nos sources de renseignements (les médias) ont intérêt à nous maintenir dans un état de panique, il n’est pas étonnant que nous passions notre temps à nous soucier de périls improbables et que nous négligions de vrais risques.

Il en va de même dans la vie privée. Nous sommes mues en même temps par la peur et par l’envie.

Nous voulons quelque chose et nous avons peur de ne pas arriver à l’obtenir. La crainte de l’échec est bien souvent ce qui nous pousse à agir. Prenons pour exemple la recherche de l’aisance matérielle. Elle est indispensable pour subvenir à nos besoins et pour améliorer notre niveau de vie. Mais cette course effrénée à l’accroissement de nos revenus ne donne pas grand sens à l’existence et nous empêche de profiter de la vie en attachant plus d’importance à nos relations personnelles et à nos activités de loisirs.

La valeur du travail se mesure non à son utilité mais à la richesse qu’il produit. Il n’existe pas de désir plus puissant que de vouloir être heureux et de se respecter soi-même.

Si notre société faisait ce qu’il faut pour aller dans ce sens, en apportant aux gens une éducation, de meilleurs emplois, une réelle mobilité sociale, une plus grande justice et des perspectives d’avenir, ce serait déjà exceptionnel. Nos peurs sont liées au fait de nous savoir vulnérables – le malheur peut nous tomber dessus n’importe quand – et mortels – nous sommes certains de mourir un jour.

Tant mieux si la religion, en nous promettant l’éternité, apporte réconfort et sens à notre vie. Mais même les sceptiques peuvent apprendre à savourer des moments de plaisir dans leurs courtes vies. Le déni ne mène à rien ; il faut au contraire s’armer de courage et refuser de se laisser envahir par la peur de l’avenir ou par le regret du passé qui nous empêchent de profiter du moment présent. Comment parvenir à être heureux dans un tel monde ? Une bonne dose de détachement peut être salutaire, mais le véritable secret, c’est de sélectionner ce sur quoi faire porter notre attention. Si nous choisissons de nous polariser sur les êtres et les choses qui nous procurent du plaisir et de la satisfaction, nous avons de très grande chance de connaître le bonheur dans ce monde où le malheur abonde pourtant.

Ce qu’il y a de véritablement merveilleux dans la condition humaine, et en même temps de très courageux, c’est notre capacité à jouir de la vie, en sachant à tout moment qu’elle peut être fugace et qu’un désastre est toujours possible. Faire preuve d’une aptitude au bonheur est ce que nous pouvons transmettre de plus utile à nos enfants. Avoir le sens de l’humour peut aussi aider."

Mis à jour le mercredi 26 mai 2010