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Ecole de Provence
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Mgr Pontier ouvre le temps du carême

Le Carême : un temps de renaissance

Le temps du Carême nous invite à nous laisser renouveler dans notre être profond de fils de Dieu et de frères les uns des autres.

A la sortie de la messe de la Chandeleur, une personne m’aborde et me dit : « Je repars avec cette phrase que vous nous avez dite : " Ce qui nous manque le plus, c’est de nous arrêter" ». J’avais poursuivi l’homélie en disant : « C’est de nous mettre à l’écoute de l’Esprit, d’examiner les pensées secrètes de nos cœurs, de Lui laisser les purifier, les réorienter et les guérir ». Ce temps d’arrêt que l’Eglise nous propose rappelle ces grands moments que furent, pour le peuple hébreu, les quarante années de la traversée du désert, et, pour Jésus, les quarante jours de tentation. Temps pour se demander : qu’est-ce que je cherche ? Qu’est-ce que je fais de ma vie ? Qu’est-ce que je fais des autres ? Après quoi ou qui je cours sans m’arrêter ? A quoi ressemble ma vie ? Et l’Eglise nous dit : « Deviens ce que tu es : enfant de Dieu, frère des hommes. Laisse l’Esprit de Dieu faire son œuvre en toi et tu pourras trouver les justes choix dans ta vie ».

Dans son message pour ce Carême, le pape Benoît XVI propose une belle méditation sur la justice de Dieu qui change nos cœurs pour qu’ils deviennent justes. C’est que, dit-il, « l’injustice, conséquence du mal, ne vient pas exclusivement de causes extérieures : elle trouve son origine dans le cœur humain où l’on découvre les fondements d’une mystérieuse complicité avec le mal ». En vivant notre lien filial avec Dieu, nous nous enracinons dans ce lien d’amour qui devient le cœur de notre vie, nous installe dans la confiance, nous guérit de chercher ce qui peut nous combler dans des biens ou des comportements qui ne le peuvent pas.

Oh ! qu’il est important de prendre le temps de l’écoute de Dieu dans sa Parole, quotidiennement, dans la prière, dans la célébration des sacrements, à travers le jeûne et l’abstinence par lesquels nous réentendons que « notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en Dieu » (saint Augustin).

Laissons alors notre Père du ciel ouvrir nos cœurs de pierre à l’amour de ses enfants de ce temps. Laissons son Esprit les changer en cœur de chair. Laissons-le nous guérir de l’indifférence profonde au sort de nos frères : de ceux qui sont sans logement, sans travail, des peuples affamés, en guerre, de tous ceux qui mènent des vies inhumaines, de ceux qui sont assis à la porte de nos maisons ou de nos pays à la manière du pauvre Lazare (Luc 16,19-sq).

Tout ne dépend pas que des autres ! Que d’individualisme dans notre culture d’aujourd’hui ! Apprenons à partager, à encourager, à soutenir, à réconforter. Donnons de nos biens, de notre temps, soutenons les organismes et associations de solidarité. Vivons avec plus de sobriété. Tournons déjà nos regards vers Pâques où le Fils bien-aimé fait de sa vie un don pour qu’à sa suite les hommes retrouvent leur beauté de fils et de frères.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille