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Ecole de Provence
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Nouvelle venue dans la région : Agnès découvre avec les secondes les Saintes Maries

Ce samedi, un groupe de jeunes du lycée de Provence a cheminé sur la digue à la mer jusqu’aux Saintes-Maries de la Mer avec quelques jeunes de Chevreul Blancarde, renouant avec une tradition interrompue durant plusieurs années. Ils ont rejoint des pèlerins du diocèse de Marseille, lycéens, étudiants, membres de divers mouvements, pour une rencontre avec Monseigneur Pontier sur la plage, avant de marcher tous ensemble vers l’église fortifiée des Saintes où fut célébrée en fin de journée une belle messe des Rameaux, animée par une superbe chorale. La nouvelle venue dans la région que je suis a aimé les rameaux d’olivier utilisés en guise de palmes…

Venant de l’école de Provence, il s’agissait surtout de jeunes de seconde préparant leur confirmation, ainsi qu’un groupe d’adultes entourant une jeune enseignante se préparant aussi pour ce sacrement.

Nous sommes partis à 8h de Marseille en car, avons doublé Fos-sur-Mer et pris le bac, avant de nous arrêter au début de la digue après Salins-de-Giraud. A 10h, sac au dos, nous nous sommes mis en marche. Très vite, nous avons pu admirer toutes sortes d’oiseaux, notamment de superbes flamants roses, le tout dans un paysage superbe entre terre, ciel et mer.

La marche fut ponctuée de haltes en petits groupes pour méditer sur le thème « vous êtes le corps du Christ », au fils du texte de l’institution de l’Eucharistie et de la Passion découpé en six étapes, chacune sur le thème du corps : corps offert, corps vendu, corps fragile, etc. Tout cela nous a permis de vraiment goûter la lecture de l’Evangile lors de la messe qui a clôturé la journée, ce long texte auquel nous ne sommes pas toujours assez attentifs…

Nous approchions du but de nos 18 km de marche quand nous avons rejoint le groupe du diocèse arrivé en retard, ce qui nous a valu de retourner en arrière avec eux. Nos pieds nous ont semblé tout d’un coup très lourds ! Mais le goûter partagé, les échanges autour d’un chocolat chaud, puis le partage de questions à Monseigneur Pontier, assis dans le sable, fut un moment fort, très profond : problème du mal, éloge de la fragilité qui nous emmène au-delà de nous-mêmes…

La marche à la tombée du jour vers l’église des Saintes-Maries, le long de la mer en direction du soleil couchant, fut très belle ; la messe fut le couronnement de ce pèlerinage, très fervente, dans ce lieu chargé d’histoire.
Mais que sont au juste les Saintes-Maries de la Mer, au cœur de la Camargue, sur ce lieu connu par son pèlerinage des Gitans, lieu que Van Gogh est venu peindre ?
Les trois Maries sont Marie-Madeleine, sœur de Lazare, Marie Salomé, mère des apôtres Jean et Jacques, ainsi que Marie Jacobé, mère de l’apôtre Jacques le Mineur.

La tradition provençale rapporte qu’après le martyre de Saint Etienne et l’exécution de l’apôtre Jacques par Hérode, la persécution est si violente à Jérusalem que presque tous les fidèles prennent la fuite. En l’an 42, les autorités se saisissent de Marie-Madeleine, de son frère Lazare, de Marthe et les mettent sur une barque sans voile ni rame en espérant ne jamais les revoir. Dans leur bannissement, ils sont accompagnés par Marie Salomé, Marie Jacobé, ainsi que Maximin, Sidoine l’aveugle et Joseph d’Arimathie. Ce dernier emporte avec lui la coupe qui a servi pour la Cène et dans laquelle il a recueilli le sang du Christ au calvaire, le légendaire Saint Graal… On raconte que la barque traversa sans encombres la Méditerranée et accosta en Camargue, à l’endroit qui deviendra les Saintes-Maries de la Mer (encore qu’à cette époque, l’endroit était recouvert par les eaux !)
La servante des Saintes Maries, Sarah, aurait été aussi du voyage, mais d’autres sources disent qu’elle habitait en Camargue et les aurait assistées après leur arrivée. C’est elle que les Gitans vénèrent comme leur patronne, la Vierge Noire.

Marie-Madeleine se retire ensuite à la Sainte-Baume, Lazare devient le premier évêque de Marseille, Maximin et Sidoine partent à Aix, tandis que Marthe se dirige vers Tarascon où elle aurait terrassé ce terrible monstre nommé Tarasque. Restent sur place Marie Salomé, Marie Jacobé et Sarah. A leur mort, l’endroit de leur tombeau devient un important lieu de culte et de pèlerinage, et plus tard, une halte sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle (l’apôtre, fils de Marie Salomé).

Les Saintes sont fêtées les 24 et 25 mai pour Marie Jacobé et le 22 octobre pour Marie Salomé, et ce lors de pèlerinages très anciens. Lors de la procession, les effigies des deux Maries debout dans leur barque, sont portées jusqu’à la mer et sont plongées dans les vagues. Sainte Sarah est aussi fêtée le 24 mai lors du pèlerinage des Gitans qui existe depuis le milieu du XIXème siècle.

Cette journée fut donc un beau moment d’amitié, de partage et de découverte d’un haut lieu du christianisme en Provence, ainsi qu’une superbe entrée en Semaine Sainte. Nous espérons que vous serez plus nombreux à nous rejoindre l’an prochain !

Bonne marche vers Pâques !

Agnès Gros

  • les traces de pas sur le sable