Résolution 3 : Pour bien mémoriser, répétez !

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Doper sa mémoire, c’est facile : il suffit simplement de savoir la faire travailler. Voici comment.
Comment posséder une bonne mémoire ? Il n’y a pas que les élèves qui se posent la question, les chercheurs aussi. Pour Alain Lieury, professeur à Rennes 2 et auteur de Mais où est donc… ma mémoire (éditions Dunod), "il ne faut jamais oublier que la mémoire est basée sur un fonctionnement biologique dont la répétition est le mécanisme fondamental". Et de préciser : "La répétition paraît si simple que de nombreux pédagogues ou formateurs la négligent ou même la déconseillent après qu’elle a été une base de l’enseignement. L’apprentissage “par cœur” est vu à tort comme stupide et inutile. Cette idée repose sur l’observation que la répétition pouvait se dérouler sans compréhension (mémoire sémantique). En fait, les deux processus sont indépendants et sont tous deux nécessaires : l’apprentissage par cœur concerne la mémoire lexicale, tandis que la compréhension concerne la mémoire sémantique."

Apprendre juste avant un examen : échec assuré

Très bien, mais concrètement, comment faut-il faire ? "Il faut répéter à intervalles réguliers, car le souvenir se consolide par “passages successifs”", conseille-t-il. Ainsi, un élève qui apprend un cours le matin pour l’après-midi va droit à l’échec. Car s’il a l’impression de retenir son cours sur le moment, il oubliera tout rapidement.
Selon la matière, de quatre à six répétitions sont nécessaires, de façon très rapprochée au début, et plus espacées ensuite. "Pour la mémoire sémantique (qui porte uniquement sur le sens), ajoute Alain Lieury, on peut répéter des épisodes différents, texte, documentation, recherche sur Internet, ce qui permet à la mémoire d’abstraire uniquement le sens. J’ai appelé cette méthode l’apprentissage multi épisodique."

Utilisez la force du mental

Hormis la répétition, il existe d’autres procédés qui ont fait leurs preuves.

  1. Inventer une phrase mnémotechnique. Cette phrase célèbre : "Une Corneille perchée sur La Racine de La Bruyère Boileau de La Fontaine Molière" permet de retenir la liste des principaux auteurs du XVIIe siècle.
  2. Décomposer le mot. Pour retenir "hexachlorofluorobenzène", on peut le décomposer pour avoir des unités prononçables ("hexa", "chloro", etc.), les apprendre en les prononçant clairement et les rattacher ensuite. Parfois, un procédé mnémotechnique peut être utile. Pour "Fujiwara", on se souviendra du mont Fuji et du mot anglais "War".
  3. Utiliser les images mentales. C’est la technique inventée sous l’Antiquité et utilisée par les sportifs. Ainsi, un coureur automobile ou un skieur va faire défiler sa course dans sa tête des dizaines de fois. Faites de même, en essayant de visualiser votre cours ou un exercice. Attention, nous n’avons pas de mémoire visuelle durable (la mémoire sensorielle "photographique" ne dure qu’un quart de seconde), donc cette image est le produit de la synthèse de notre cerveau, et n’est pas précise.
  4. Dessinez. Les schémas permettent d’organiser sous forme spatiale des relations complexes (en géographie, en biologie). Entraînez-vous à dessiner votre schéma. Petit à petit, vous pourrez en augmenter la complexité.
  5. Faites des catégories. En mémoire sémantique, le sens des mots et des images est classé par thèmes (animaux, plantes…). Il faut donc structurer ce que l’on apprend par petits paragraphes avec des titres et des sous-titres. Exercez-vous à faire des plans et à y mettre les idées clés et les mots fondamentaux. Lorsque c’est acquis, vous pouvez augmenter le nombre de connaissances à l’intérieur des paragraphes.
Mis à jour le lundi 6 avril 2009