Salvator DALI chez Paul RICARD

article dans sa langue originale

La pêche au Thon - Salvator Dali

Parallèlement à son entreprise, Paul Ricard a été mécène, et s’est engagé dans de nombreuses aventures par défi ou conviction. Dans les arts et la culture, Paul Ricard mit en place dans les années 60 la « Fondation Paul-Ricard » qui avait pour objectif de révéler et de promouvoir de jeunes talents de la littérature, de la peinture et bien d’autres. Il était passionné par la peinture et fit donc l’acquisition de la « Pêche au thon » de Salvador Dali. Par une matinée ensoleillée d’août 1968, il fut accueilli par Dali, qui peignait «  la Pêche au thon  », dans sa maison de Port-Lligat, près de Cadaquès, au nord de Barcelone.

«  La Pêche au thon  » (Hommage à Meissonier) a été peinte en 1966-1967. La toile est considérée par beaucoup comme l’un des derniers chefs-d’œuvre de Dalí. Un ensemble chaotique où figure la lutte violente des hommes de l’image avec le gros poisson. Un couteau d’or poignarde le poisson et la mer bleue azur devient rouge de sang. Cette peinture est une dédicace à Jean Louis Ernest Meissonier, un peintre français du 19e siècle spécialisé dans les scènes de bataille. L’inoffensive nature se change alors en force destructrice, la vie se transforme en apocalypse…

Dans cette oeuvre Dalí représente différents styles qu’il a déjà exploré, tels que le surréalisme, pointillisme, Action Painting, Tachisme, Pop Art, l’Op Art. La pêche au thon utilise donc différentes techniques dans le même tableau dont une invention de l’artiste : le boultisme (projection de peinture avec une arquebuse). Dali tout au long de sa carrière d’artiste, sera fasciné par la démarche des artistes de la Renaissance, en recherche permanente de techniques, d’outils et de disciplines nouvelles… En outre, la taille du tableau évoque les grands tableaux de genre historique ou bien la peinture de salon du XIXè siècle à une époque où règne l’art abstrait… Dali ici affirme à la fois une esthétique d’un réalisme méticuleux, chargé et une identité à par entière tout en réhabilitant le genre des grands tableaux figuratifs dans les années 80. Dans ces grandes surfaces, Salvador Dali valorise au maximum ses « compositions-collage », juxtaposant les différents thèmes, styles, techniques, temps, etc… Le tableau se déchiffre ainsi comme une histoire…

Au-delà de l’esthétique adoptée, Dalí sera fidèle à sa méthode tout au long de sa vie et ne cessera de mettre en scène la figure d’un créateur-photographe qui produit des photographies de la pensée irrationnelle. Son activité paranoïaque-critique permet de rendre à la lumière un imaginaire foisonnant, des représentations fantasmagoriques, des espaces à produire des histoires incroyables…

Le tableau lui-même révèle une chronique étonnante : acheté dans les années soixante par Paul Ricard, il fut ensuite volé et disparu pendant une dizaine d’années. On le retrouvera enfin dans un piteux état, coupé au cutter, roulé. Plusieurs années de restaurations ont permis de retrouver l’état initial du tableau et de le contempler à nouveau…

K. SZCZEPANIAK

Sortie de classe juin 2009

Elèves de 6°6 et les élèves de 2nde option Arts Plastiques

2 photos

Mis à jour le vendredi 2 octobre 2009