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Ecole de Provence
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Un nouvel élan...

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Le Père André Juès, ancien Aumônier de Provence, était du voyage à Lourdes.
Il nous livre ses réflexions.

« Me voici revenu d’un rassemblement-pèlerinage auquel je suis heureux d’avoir participé en dépit de l’âge et de la fatigue, car il a représenté pour moi un point d’orgue en même temps que l’aurore d’une nouvelle étape chargée d’espérance. Pour avoir assumé dans divers collèges à peu près tous les postes, depuis celui de régent jusqu’à celui de directeur en terminant par 33 ans d’aumônerie, je me remémorais à Lourdes le chemin parcouru comme on égrène les Ave Maria d’un rosaire avec ses mystères douloureux ou joyeux.

J’ai connu en effet, et successivement, les années de misère, où un recteur devait tendre la main aux parents pour pouvoir payer le traitement de ses professeurs, avec le risque d’avoir à gérer un jour un établissement réservé aux riches (ce qu’on ne pouvait accepter). Puis est venue la loi Debré avec les contrats (décembre 1959), qui a permis à nos établissements de pouvoir survivre, s’équiper et instaurer une péréquation entre familles pour le paiement des scolarités, afin de s’ouvrir à tous comme le demandait la loi.

Vivre c’est déjà bien, mais à quoi bon si vient à se perdre l’inspiration des fondateurs, ce que pouvait faire craindre le petit nombre des Pères présents dans ces institutions ? C’est alors qu’est parue en 1971 la “Déclaration d’intention” des P. Provinciaux, qui a donné naissance aux associations regroupant laïcs et jésuites dans un projet commun avec, au fil des années, des sessions de formation destinées à ouvrir tous les volontaires à la spiritualité et à la pédagogie ignatiennes ; j’y ai longuement participé sous la houlette du C.E.P., persuadé qu’il y allait de l’avenir de nos maisons et de la mise en pratique de Vatican II.

La création de l’association “Ignace de Loyola Education” est venue mettre un point final à ces années d’ajustement, et ce rassemblement de Lourdes a constitué un grand succès, dont il faut remercier les organisateurs. Ce fut pour moi le couronnement d’une longue carrière en même temps que la naissance d’un immense espoir pour l’avenir.
Un rosaire, quels qu’en soient les mystères douloureux ou joyeux, se termine toujours par le mystère glorieux et le “Gloria Patri”. »

André Juès s.j