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Ecole de Provence
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Le Père Général des Jésuites annonce sa démission

Le père Adolfo Nicolas, supérieur général des jésuites depuis 2008, annonce son prochain départ pour la fin de l’année 2016. Il aura alors atteint l’âge de 80 ans.

« Après avoir réfléchi sur les années qui viennent, je suis arrivé à la conviction personnelle qu’il me faut préparer les étapes conduisant à présenter ma démission à la Congrégation générale », écrit-il dans une lettre envoyée ce mardi aux membres de la Compagnie de Jésus.
Il précise avoir pris cette décision après en avoir informé le Pape François, et consulté les assistants et les provinciaux de la Compagnie. Il convoque donc la 36ème congrégation générale pour fin 2016 afin de préparer sa succession.

Une double culture européenne et asiatique

Né tout comme le Pape François en 1936, le père Adolfo Nicolas est de nationalité espagnole et a vécu l’essentiel de sa vie missionnaire au Japon, où il fut ordonné prêtre en 1967, et aux Philippines. Il a toujours manifesté une grande sensibilité aux questions sociales, et à la question de l’inculturation du christianisme dans les territoires de mission marqués par une autre culture religieuse, notamment les pays d’Asie.
Il s’est ainsi inscrit dans la continuité du travail accompli par son compatriote le père Pedro Arrupe, supérieur général des jésuites de 1965 à 1983. Dans ces années d’après-Concile, le père Arrupe avait fait de la Compagnie une pionnière dans la réflexion sociale de l’Eglise, tout en luttant pour préserver l’unité de la Compagnie de Jésus, très fragilisée par les engagements politiques de certains de ses membres dans les années 1970.

Une élection à vie, mais la possibilité de se retirer

Le supérieur général des Jésuites est théoriquement élu à vie, tout comme le Pape, mais dispose de la faculté de démissionner. Le précédent supérieur général, le père néerlandais Peter-Hans Kolvenbach, s’était lui aussi retiré pour raison d’âge en 2008, dans sa 80e année, après 25 ans à la tête de la Compagnie.
Le père Pedro Arrupe avait lui aussi dû s’effacer, en 1983, très affaibli par un accident vasculaire cérébral survenu deux ans auparavant, alors que la Compagnie de Jésus sortait d’une période de relations tendues avec les souverains pontifes Paul VI, Jean-Paul Ier et Jean-Paul II.

Son allocution dans la chapelle de la Curie à Rome