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Ecole de Provence
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Les attentats du 13 novembre 2015

Lundi 16 novembre 2015

A 11h30 les 1500 élèves de Provence avec l’ensemble des adultes se sont réunis sous la Halle pour marquer une minute de silence :

Quelques photos de cette cérémonie

Lettre aux parents du Ministre


Dimanche 15 novembre 2015

Rappel : la vidéo de Serge Tisseron tournée après les attentats de janvier 2015 sur le thème "Comment en parler à nos enfants ?"

Communiqué des 4 établissements jésuites du sud de la France qui sera lu devant l’ensemble des élèves lundi matin

Consignes pour l’Académie d’Aix Marseille du 16 au 21 novembre 2015

Du Directeur de Cabinet du Recteur d’académie Aix Marseille
M. Laurent Lucchini

Mise à jour des consignes applicables du 16/11 au 21/11 seulement (phase transitoire), d’autres consignes seront données pour la semaine suivante (Dimanche 15 novembre à 9h)

- Personnels : tous les personnels doivent se consacrer exclusivement à l’accueil et à l’accompagnement des élèves. En conséquence, toutes les réunions, formations, ... sont annulées, y compris la journée de formation du 18 novembre qui est reportée au 25 novembre

- Accueil des élèves : les membres de la communauté éducative accueilleront lundi matin les élèves et leurs familles. Le ministère adressera prochainement une lettre aux personnels et aux parents. Le plan vigipirate est maintenu, votre attention est particulièrement appelée sur la nécessité de renforcer fortement le contrôle des accès aux établissements. La minute de silence doit avoir lieu à la fin des cours de la matinée ( vers 11h30 pour les écoles, vers 12H00 pour les EPLE). Elle doit être absolument accompagnée d’un dialogue adapté à l’âge des élèves. Des documents sont disponibles sur EDUSCOL (http://eduscol.education.fr/cid95370/savoir-accueillir-la-parole-des-eleves-apres-les-attentats-terroristes-en-ile-de-france.html) . Les demandes de reportages dans les écoles et EPLE ne sont pas autorisées par mesure de sécurité et pour préserver les équipes. Des cellules de soutien seront mobilisables si besoin.

- Déplacements : tous les voyages partant cette semaine sont annulés. Pour les semaines suivantes les consignes sont susceptibles d’évoluer. Les déplacements réguliers (piscine, stade, ...) sont maintenus si le moyen de transport n’est pas public, dans le cas contraire ils sont annulés. Toutes les sorties occasionnelles sont annulées. Les voyages en cours sont maintenus et doivent se terminer normalement à la date prévue. Dans le cas d’un séjour en cours à l’étranger, les équipes doivent se signaler aux ambassades. Dans le cadre d’échanges linguistiques, il est toujours possible d’accueillir des élèves étrangers à condition qu’ils aient l’autorisation des autorités de leur pays . Tous les stages en entreprise sont maintenus.

Pour toute question urgente, vous pouvez nous contacter au 06 89 10 02 33. Une cellule de crise sera opérationnelle lundi et répondra à toutes vos questions (le numéro vous sera communiqué prochainement).

Pour information, vous trouverez le communiqué de presse de Madame la ministre en cliquant sur ce lien : http://www.education.gouv.fr/cid95375/communique-de-presse-de-najat-vallaud-belkacem-a-la-suite-des-attentats-terroristes-qui-ont-frappe-paris-et-la-seine-saint-denis.html

Samedi 14 novembre 2015

à 22h19 le message du Ministre de l’Education Nationale :

Madame, Monsieur,

Les attentats terroristes qui ont frappé Paris et la Seine-Saint-Denis ce vendredi 13 novembre ont atteint une nouvelle fois le cœur de notre République et nous ont tous bouleversés. Le Président de la République a déclaré l’état d’urgence et trois jours de deuil national.
Toutes mes pensées vont vers les victimes de ces actes abominables et leurs proches.

En tant que professionnel de l’éducation, vous serez dès lundi devant vos élèves, des plus jeunes aux plus âgés. Des élèves auxquels rien de cette tragédie n’aura échappé et qui vous interrogeront sans aucun doute, vous qui êtes pour eux des repères importants. Parce que vous leur offrez les savoirs nécessaires à la compréhension du monde d’aujourd’hui, il est important que vous puissiez leur répondre. Ce dialogue, je le sais, n’est jamais évident à mener. Pour vous aider dans cette difficile mission, des ressources spécifiques sont mises à votre disposition : http://eduscol.education.fr/cid95370/savoir-accueillir-la-parole-des-eleves-apres-les-attentats-terroristes-en-ile-de-france.html
Vos chefs d’établissement et vos inspecteurs sont par ailleurs mobilisés pour vous accompagner ou organiser collectivement ces temps d’échange.

Enfin, comme l’a décidé le Président de la République, une minute de silence sera respectée dans l’ensemble des services publics ce lundi 16 novembre. Dans les écoles et les établissements scolaires, il est important que ce moment de recueillement, dont la forme doit prendre en compte l’âge des élèves, puisse être précédé de ces temps d’échange avec les élèves.
Des consignes complémentaires ont été envoyées à tous les Recteurs et Rectrices et vont parvenir à vos directions.

L’École de la République transmet aux élèves une culture commune de la tolérance mutuelle et du respect. Chaque élève y apprend à refuser l’intolérance, la haine et la violence sous toutes leurs formes. C’est malheureusement dans des heures aussi douloureuses que celles que nous vivons actuellement que l’importance de cette mission apparaît avec autant de force et d’intensité.

Madame, Monsieur, dans ce moment grave, je vous renouvelle mon soutien et vous remercie pour votre professionnalisme et votre mobilisation.

Najat Vallaud-Belkacem
Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Message de Mgr Pontier

Dans la soirée et la nuit d’hier, vendredi, en des lieux différents de Paris, la barbarie organisée et sauvage a frappé. A cette heure, on dénombre cent-vingt-sept victimes et de nombreux blessés.

Ce soir et demain, nos communautés chrétiennes vont se rassembler comme tous les dimanches pour fêter le Ressuscité.
Nous aurons à cœur de prier pour les victimes, leurs familles, les forces de l’ordre, les soignants, les responsables de l’Etat et notre pays.

Un deuil national de trois jours vient d’être décidé. Je vous invite donc à faire sonner le glas à l’heure qui vous paraîtra opportune, surtout demain dimanche, peut-être à midi.

Mgr Jean-Marc Aveline présidera une messe pour les victimes et pour notre pays demain dimanche à 19 heures en la basilique du Sacré-Cœur.

Nous le savons, l’unité face à la sauvagerie, la confiance en notre pays, l’action en faveur de la paix, le sens des responsabilités sont indispensables en de telles circonstances.

Que nos prières, nos paroles, nos actes y contribuent.
Nous le savons, le mal n’aura pas le dernier mot.
Merci pour votre ministère en ces temps difficiles.
Le récit des Béatitudes lu il y a quinze jours demeure notre guide sûr.
+ Georges Pontier
+ Jean-Marc Aveline

Attentats à Paris : comment en parler aux enfants ?

Une fin chaotique de match de football, des scènes d’émotion, des institutions fermées… Autant de manières par lesquelles les enfants ont été touchés par les attentats de vendredi soir. Jean-Luc Aubert, psychologue, spécialiste de l’enfant et de l’adolescent, donne des pistes aux parents sur la manière d’aborder la question en famille.

Tous les foyers se sont réveillés, ce matin, partagés entre sidération et angoisse. Dans beaucoup d’entre eux, aussi, il a fallu répondre aux questions des plus petits. Comment parler des attentats avec les enfants ?

Plus qu’à l’événement en lui-même, les enfants sont réceptifs à l’angoisse de leurs proches. La meilleure façon pour les parents d’aborder le sujet, c’est donc d’abord de gérer leurs propres angoisses. En étant vigilants à la présentation des faits, en évitant la mise en scène, la théâtralisation, la dramatisation…

En parler simplement, d’accord, mais avec quels mots ? Terrorisme, fanatisme, islamisme… Jusqu’où aller dans les explications ?

Il est préférable, auprès des plus jeunes, de rester simple, de résumer les principaux faits : « Il y a eu des attentats à Paris, avec des morts. » Avant l’âge de l’école primaire, il est inutile d’en dire plus. A un moment ou à un autre, à l’extérieur du foyer, l’enfant en entendra davantage. On pourra, alors, rouvrir la discussion à la maison, mais en évitant autant que possible de devancer les questions.

Les enfants posent des questions auxquelles, souvent, les parents n’ont pas de réponse. Notamment « pourquoi ? ».

On peut par exemple leur expliquer que ces attentats sont le fait de personnes « très très très malades », qui ne vont « vraiment pas bien du tout ». Qu’elles s’en prennent à d’autres pour des raisons que même les adultes ne comprennent pas toujours. Avec les plus petits, la répétition compte : on peut par exemple leur dire que ça concerne « très très très peu » de personnes dans leur ville. Cela résonnera dans leur tête, ils comprendront, même inconsciemment, le caractère exceptionnel de l’événement.

Et quand l’enfant demande si un attentat peut frapper son parent, sa famille, lui-même ?

Lui répéter que ça ne peut pas se répéter au quotidien. Qu’il n’y a « pratiquement aucune chance que ça ne lui arrive jamais ». Il vaut mieux toujours privilégier la « parole vraie », pour citer Dolto : être dans la parole la plus juste possible permet de maîtriser l’angoisse.

On a le réflexe de répondre à son enfant « N’aie pas peur ». Mauvais réflexe ?

Je le répète : l’enfant n’aura peur que s’il ressent de la peur autour de lui. C’est du côté des parents qu’il y a une forme de sérénité à atteindre. Le petit enfant se fiche pas mal de ce qui est loin de son environnement, de ce qui n’est pas immédiat… et c’est tant mieux. Si l’entourage à la sagesse de maîtriser ses angoisses, c’est le meilleur des remparts. La meilleure des thérapies possibles.

Nos enfants vont être, ces prochains jours, confrontés aux images de la télévision, aux gros titres des journaux, à la radio… Comment les préserver ?

Il est préférable de ne pas changer le quotidien – où le moins possible : ne pas priver l’enfant de télé s’il y avait droit jusqu’à présent, même si la surexposition aux écrans, aux images n’est évidemment pas souhaitable. Eviter les changements d’habitudes, les attitudes qui lui paraîtraient anormales et qui l’alerteraient. Entre enfants, le sujet va inévitablement s’imposer. Le parent peut être à l’écoute de ce que son enfant rapporte de l’école, de ses discussions avec ses camarades, son enseignant, en se gardant d’être intrusif. En privilégiant une attitude de neutralité, de tranquillité, de bienveillance. S’il n’y arrive pas, à lui de demander de l’aide à un médecin, par exemple.

Voyez-vous dans votre cabinet arriver des enfants marqués par l’actualité ?

C’est parfois le cas des enfants précoces ou particulièrement angoissés, mais c’est resté assez rare jusqu’à présent.

Mattea Battaglia
Le Monde 14 novembre 2015