illustration
Ecole de Provence
illustration

"Ne nous laissons pas voler l’espérance"

"Ne nous laissons pas voler l’espérance" : Monseigneur Georges Pontier nous adresse un très beau texte pour ce Carême 2016

"Ne nous laissons pas voler l’espérance"

Dans son exhortation apostolique La joie de l’Évangile, le pape François nous invitait à ne pas nous laisser voler notre espérance (Evangelii Gaudium 86).

Durant ce temps de Carême, nos yeux se tournent vers le mystère pascal qui en sera le terme et le sommet. Ce mystère de mort et de résurrection vécu par le Christ nous ouvre à l’espérance, au « sens de l’échec » et à la réalité de l’épreuve.

L’expérience de nos limites vient ébranler parfois nos vies de façon douloureuse.

Elle se manifeste souvent à travers la maladie, le handicap, l’accident, la souffrance, la mort, mais aussi les fragilités affectives familiales, la perte d’un travail, l’ambiance de la société, les événements du monde. Ce sur quoi nous nous appuyions montre sa fragilité et nous pouvons être emportés dans la révolte, le découragement, les ruptures, le repli sur soi.

Aujourd’hui, nos désirs de fraternité sont ébranlés par des peurs multiformes. C’est la tentation du repli sur soi, de la fermeture, des oppositions dans nos vies personnelles comme dans la vie en société ou dans les rapports internationaux. Nous ne voyons pas bien où va ce monde et nous pouvons nous fermer au lieu de nous ouvrir.

La contemplation du Christ nous invite à l’espérance, à la confiance. Nous ne sommes pas abandonnés par l’amour du Père. Notre horizon n’est pas limité par la seule vie terrestre ni par l’accumulation de biens matériels. Le Christ nous a montré le chemin de l’espérance qui ne trompe pas. Il a fait de sa vie un don pour les autres. Il est passé en faisant le bien. Il a soulagé ses frères. Il a dénoncé les humiliations déshumanisantes. Il a aimé. Il a pardonné. Il
s’est fait frère. Auprès de Lui, on retrouvait la joie d’être aimé. Il parlait de l’amour du Père.

Le pape François écrit encore : « Dans tous les cas, en pareilles circonstances, nous sommes appelés à être des personnes-amphores pour donner à boire aux autres. Parfois l’amphore se transforme en lourde croix, mais c’est justement sur la croix que le Seigneur, transpercé, s’est donné à nous comme source d’eau vive. »

La vie peut nous transpercer parfois, mais c’est en demeurant ouverts aux autres et à la fidélité de Dieu que nous sommes des porteurs d’espérance.

Ne nous laissons pas enfermer dans les peurs de ce temps.
Ne soyons pas des prophètes de malheur. Au nom de l’espérance qui nous vient du Christ, soyons des prophètes de bonheur en faisant de nos vies des offrandes à Dieu et à nos frères. Soyons des artisans de paix, de dialogue, de fraternité, de réconciliation. Témoignons de la force que nous donne l’espérance que nous avons dans le Christ vainqueur de tout péché et de la mort.

Son amour est plus fort que tout ! Il ne supprime pas l’épreuve. Il la traverse et en sort vainqueur. Il est passé devant. Nous Le suivons. Notre espoir n’est pas dans la force, ni dans les richesses, ni dans la violence. Il est dans le Dieu de miséricorde et de tendresse. C’est Lui notre espérance ! Nous voulons vivre à sa manière et demeurer dans l’amour.

+Georges Pontier
Archevêque de Marseille