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Ecole de Provence
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un moment de paix

Il faut connaître ce moment particulier de l’adoration à l’école, le jeudi Saint.

Cette année c’était simple. De cette simplicité qui apaise et vous tourne vers l’essentiel. Le Saint Sacrement est là, posé sur l’autel. Quelques bougies, un jasmin est accroché, deux anthuriums l’accompagnent.

Il y a quelqu’un avant moi. Je ne la connais pas mais son sourire est celui d’une amie. Elle me cède la place, me confie le Seigneur ou plutôt elle me confie au Seigneur. Je suis un peu intimidée.

« Jésus ne descends pas au jardin ». Les paroles du chant me frappent. On y entend la souffrance. « Il faut bien que le Seigneur meure sur la Croix » reprend le refrain.

Le Seigneur est là.

Un groupe d’enfants arrivent. Ils remontent jusqu’à l’autel. Ils sont silencieux. Ils sont curieux. Ils pressentent le mystère.

On leur lit l’histoire du fils de Simon de Sirène qui voit passer le Christ sur le chemin de Croix. Cette histoire est un peu leur histoire.

Toujours accompagnés, voici des plus jeunes.

Les groupes se succèdent. Le regard des enfants est comme une source d’eau fraîche. Puis c’est de nouveau le silence. Bientôt la récréation. C’est presque le moment que je préfère. Ce bruit autour. Les ballons dans la cour et même parfois contre les murs de la Chapelle. Des rires, des éclats de voix. À l’intérieur le silence. À l’intérieur, le coeur qui bat. Il faut écouter battre le cœur de Provence à Notre Dame des lumières.

Deux jeunes filles viennent s’agenouiller un moment. Au bavardage elles ont préféré le recueillement. Comme elles ont raison. Et comme elles ont de la chance. Il faut connaître l’adoration à l’école en ce moment si particulier du jeudi Saint.

CV